De l’intêret de l’histoire en prépa HEC

professeur

L’idée que l’on puisse, en classe préparatoire, se passer de suivre des cours particuliers en histoire est fausse. Au même titre que la physique-chimie ou les mathématiques, l’histoire a ses règles et ses méthodes.

“La critique est contraire à la tournure normale de l’intelligence humaine ; la tendance spontanée de l’homme est de croire ce qu’on lui dit”, écrit Charles Seignobos dans La méthode historique appliquée aux sciences sociales, en 1901. C’est justement tout l’intérêt de la discipline historique que de conduire l’individu à s’affranchir de sa crédulité première pour développer sa pensée réflexive et critique. L’historien, apprenti ou confirmé, s’interroge autant sur les conditions de production d’un discours que sur le contenu même de ce discours. Il s’intéresse autant aux présupposés, aux enjeux et aux représentations mentales qui ont conduit à la réalisation d’un fait qu’à l’existence même de ce fait.

C’est à cette démarche réflexive que l’exercice de la dissertation ou du commentaire de texte en histoire-géopolitique doit mener. Bien souvent, il est toutefois difficile pour l’étudiant en classe préparatoire de trouver un juste équilibre entre l’acquisition de connaissances et la capacité à problématiser rapidement un sujet. Face à la masse documentaire qu’il doit s’approprier, l’étudiant perd parfois de vue l’essentiel : mettre en œuvre ses connaissances pour construire un raisonnement argumenté traduisant la progression de sa pensée. C’est ici que les cours particuliers revêtent tout leur intérêt. Par le biais d’une aide personnalisée, le professeur peut revenir sur les fondements méthodologiques de l’histoire-géopolitique.

Pour la dissertation, à partir de sujets qu’il propose lui-même ou que l’étudiant a déjà traités, le professeur insiste sur l’étape méthodologique cruciale, qui consiste à comprendre la spécificité de l’intitulé (pourquoi a-t-on posé le problème ainsi et pas autrement ?). L’analyse rigoureuse des termes de l’énoncé, ainsi que celle de leur relation, permet de faire émerger les présupposés du sujet, ses enjeux, ses spécificités. De cette façon, l’étudiant peut prendre la mesure de tout ce que le sujet implique (acteurs, évolutions, mécanismes etc.) puis échafauder une problématique ciblée, dont découle un plan clair et précis. C’est véritablement la mise en œuvre de cette méthodologie critique qui permet d’agencer de façon cohérente et argumentée les connaissances acquises. En s’entraînant à traiter des sujets variés, aussi bien en termes de contenu qu’en termes de formulation, l’étudiant s’accoutume à concevoir des problématiques qui mettent en valeur l’originalité du sujet proposé, ainsi que des plans articulés traduisant son cheminement intellectuel. Ponctuellement, le professeur peut également lui proposer de s’exercer à rédiger une introduction ou une partie de dissertation, ou revenir avec lui sur des connaissances mal assimilées (chronologie, exemples précis etc.).

De même, pour le commentaire de document, le professeur insiste sur l’importance de la méthodologie, en rappelant que le texte ne doit pas servir de support à l’étalage de connaissances acquises en dehors de lui. Il aide l’étudiant à construire une explication de texte, tout en étant capable de distinguer le propos même de ses conditions de production (contexte, objectifs, justifications) et de sa portée.

Le professeur peut également proposer à l’étudiant des sujets d’oraux et des “colles” lui permettant de s’entraîner aux épreuves orales des concours. Selon les cas et les préférences, l’étudiant peut préparer le sujet de son côté et présenter son travail au professeur lors du cours particulier. Le professeur peut aussi demander à l’étudiant de préparer un sujet en quinze minutes, durant le cours, puis de le lui présenter à l’oral : ce type d’entraînement est très formateur car il suppose de parvenir à organiser rapidement sa pensée et de mobiliser efficacement les connaissances acquises. Enfin, le professeur peut proposer à l’étudiant d’élaborer des cartes de synthèse (souvent demandées aux concours)  sur des sujets précis, et de concevoir une légende détaillée.

Bien souvent, une dizaine d’heures de cours suffit pour revenir avec l’étudiant sur les fondements méthodologiques de l’histoire-géopolitique et lui permettre de traiter des sujets variés. S’entraîner sur des sujets successifs permet à l’élève de mettre directement en pratique les conseils du professeur, tout en s’apercevant que des mécanismes similaires sous-tendent tout traitement d’un sujet. Ainsi, l’étudiant se familiarise avec l’exercice, gagne en efficacité et en confiance, ce qui lui permet d’aborder avec davantage de sérénité l’épreuve du concours.

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