Les études supérieures comme rempart à la précarité

L’opinion veut que les études supérieures ne permettent plus de trouver un emploi, parce que coupées des réalités économiques. Regards sur l’éducation 2012, étude commandée par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), auprès de 17 pays, vient dire le contraire.

 Les résultats de l’étude Regards sur l’éducation 2012, publié par l’OCDE, le 11 septembre, font mentir ceux qui n’ont de cesse de tirer à boulets rouges sur un système scolaire qui, selon eux, ne forme pas des travailleurs, mais des intellectuels. Les chiffres sont là, ils sont parlants : en France, être diplômé du supérieur (classe prépaUniversité, Polytechnique, etc.) permet de trouver un emploi et de percevoir un salaire en moyenne 47% plus élevé que celui d’un bachelier. Cet écart de rémunération s’est même accentué au fil des ans. Un bachelier peut, lui, espérer percevoir 23% de plus qu’un individu sans aucun diplôme. Etre diplômé de l’enseignement supérieur est bel et bien l’assurance d’obtenir un emploi et une bonne rémunération. Mais, les bons chiffres s’arrêtent là pour la France.

Les mauvais chiffres

A l’inverse d’autres pays de l’OCDE, l’hexagone a du mal à offrir un emploi aux non-diplômés. La France compte 11% de jeunes non-diplômés (l’un des taux les plus faibles des pays développés, Ndlr.), pour 71% de chômage ! Aujourd’hui la crise touche essentiellement les personnes les moins diplômées. Le taux de chômage pour ces derniers est passé de 10 à 13% en deux ans, entre 2008 et 2010. Ailleurs, en Europe, en Estonie par exemple, ce taux progressait de 10 à 27% ! Autres chiffres marquants, 35% des diplômés en France occupent un poste ne correspondant ni à leurs études, ni à leurs qualifications.

 Cependant, même diplômés certains peinent à trouver un emploi en France. Quand certaines filières sont délaissées, d’autres sont engorgées et offrent peu de chances d’être embauché à la fin de son cursus. En Australie, la politique est autre. Les autorités n’hésitent pas à réduire les frais d’inscription universitaire pour les secteurs où la main-d’œuvre qualifiée manque. Résultat, plus d’étudiants et moins de chômage à la sortie. Un exemple que la France devrait suivre compte tenu de l’augmentation considérable du coût des études.

 Il y aurait donc tout intérêt, aujourd’hui à suivre des études supérieures. Si l’arrivée sur le monde du travail se fait plus tardivement, en revanche le diplômé finit toujours par trouver un emploi, même s’il ne répond pas toujours à ses compétences. Rappelons que pour un employeur plus que la spécialisation dans tel ou tel domaine, ce qui prime c’est la capacité à apprendre ou acquérir un savoir-faire.