Lutter contre le harcèlement sexiste en entreprises

Harcelement en entreprise

Comment lutter contre le harcèlement et les agissements sexistes dans les entreprises ?

80% des salariés féminines ont déjà déclaré avoir été victime de comportements sexistes sur leur lieu de travail. Un chiffre qui nécessite de mettre en place des actions concrètes pour venir en aide aux victimes. Zoom sur ce phénomène alarmant et les moyens efficaces d’y remédier.

Du sexisme quotidien à l’agression

Quelques années après #Metoo, qui a provoqué la fin de l’omerta sur le sujet des violences sexuelles et du sexisme en France, le monde du travail prend davantage la mesure de ce qui se passe entre ses murs. Et pour cause, une enquête réalisée par l’IFOP en 2019 révèle que six européennes sur dix ont été confrontées à des violences sexistes ou sexuelles au cours de leur carrière. Un problème qui ne touche donc pas seulement l’Hexagone, mais qui s’étend au-delà des frontières… et prend plusieurs formes. Qu’il s’agisse de sifflement, d’attouchements, ou bien d’une agression sexuelle, ces agissements sont le résultat de stéréotypes de genre intériorisés et sont sévèrement punis par la loi. Ils se traduisent à plusieurs niveaux, à commencer par des remarques ou des plaisanteries déplacées, ou bien des gestes grossiers. Parfois, ces agissements peuvent aller plus loin et relever du harcèlement, de l’agression sexuelle, voire du viol.

Ce que dit la loi

En entreprise, il est primordial de rappeler qu’un cadre juridique existe et protège les employées. En effet, le harcèlement sexuel au travail est encadré par la loi et l’article L. 1153-1 du code du travail, selon lequel :

« Aucun salarié ne doit subir des faits :

  1. Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; à noter que depuis la loi de 2018, le code pénal punit aussi les propos ou comportements à connotation non seulement sexuelle, mais aussi sexiste répétés.
  2. Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers. »

En 2018, La loi a également étendu la définition du harcèlement sexuel de l’article 222-33 du Code pénal sur deux points, en ajoutant à l’infraction les comportements à connotation sexiste, et en précisant le critère d’actes répétés de harcèlement.

Un référent contre le harcèlement

Depuis la promulgation de la loi Avenir Professionnel, le 5 septembre 2018, les entreprises et leur CSE doivent obligatoirement désigner un référent harcèlement. Au sein de l’entreprise, ce dernier est choisi par son employeur pour une durée indéterminée, tandis que le référent CSE est soumis au vote de ses membres. Après avoir suivi une formation référent harcèlement, prise en charge par l’entreprise, les référents sont chargés d’orienter, informer et accompagner tous les salariés pour lutter contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes sur le lieu de travail. Par ailleurs, l’employeur doit impérativement mettre en place un affichage sur lequel sont mentionnées les coordonnées du référent harcèlement, afin qu’il ou elle puisse être joignable par tous les employés.

La technologie au service de l’égalité

Certaines start-ups entendent bien faire bouger les choses en proposant des innovations technologiques pour lutter contre le sexisme en entreprise. Parmi les plus prometteuses, on retrouve Reverto, une expérience immersive qui permet de se plonger en réalité virtuelle dans le quotidien d’une jeune femme subissant des discriminations sexistes. D’autres, comme 1001 Égalités, misent sur une application pour disséquer de manière interactive les problèmes de sexisme et de harcèlement sexuel au travail.