Augmentation de salaire, les enseignants devront s’armer de patience

Le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, voudrait mais ne peut pas. Invité sur l’antenne de RTL, jeudi 30 août, le ministre s’est prononcé sur l’épineuse question de la revalorisation des salaires des enseignants, estimant qu’il serait “digne de mieux payer”, mais qu’il y avait un fossé entre aspirations et réalité économique.

 La première rentrée du changement

 Mardi 4 septembre 12,22 millions d’élèves retrouveront les bancs de l’école. 850.000 enseignants dispenseront des cours dans 64.835 établissements privés et publics, augmentation de salaire ou non. Le ministre de l’Education nationale voudrait que les professeurs soient mieux payés. “Il serait digne de les payer mieux si nous en avions les moyens, et lorsque nous les aurons, nous le ferons”, a dit le ministre. Mais la question de la revalorisation des salaires, n’est une priorité, ni pour le gouvernement, ni pour les enseignants. Elles sont autres : “les priorités des enseignants aujourd’hui ne sont pas celles-là.” Elles sont plutôt de “retrouver des enseignants”, d’être “capable ensuite de les former”, ou encore de “changer nos rythmes scolaires”, a expliqué Vincent Peillon.

Vouloir n’est pas pouvoir

Rappelons que la rémunération des professeurs français débutants et en milieu de carrière est inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE : un professeur des écoles perçoit 1700 euros net par mois ! Qu’importe l’enseignement est un métier que l’on pratique par vocation, tout le reste n’est que poésie aurait presque pu dire le ministre de l’Education : “les enseignants n’ont absolument jamais – et cela avait même surpris le président de la République quand il [les] rencontrait avec moi – fait porter leurs revendications d’abord sur les salaires. Les gens qui choisissent ce métier ne le choisissent pas d’abord pour l’argent, […] ce qu’ils veulent, c’est qu’on leur donne les moyens de faire réussir les élèves. Ce n’est plus le cas dans ce pays.” Mais M. Peillon omet, sans doute , que l’une des raisons à la crise de vocation pour l’enseignement auprès des jeunes concerne les salaires jugés trop bas par rapport au niveau d’étude exigé.

Les syndicats enseignants ne veulent pas croire que la France ne peut pas. “Contexte budgétaire” défavorable ou non, les représentants des 850.000 enseignants voudraient que les salaires soient une préoccupation au même titre que la question de la réforme des rythmes scolaires.